2006
Saison cyclonique 2006 en image
Prévision pour l'année 2006
La saison cyclonique sur le Bassin Atlantique devrait être de nouveau très active en 2006, mais moins que l'année record de 2005
Les chercheurs en prévision cyclonique de l'Université du Colorado à Fort Collins, les réputés William Gray et Philip Klotzbach, ont publié le 31 mai 2006, leurs troisièmes analyses et projections de l'activité cyclonique prévue en 2006 sur l’Océan Atlantique et ses mers adjacentes (Mer des Caraïbes et Golfe du Mexique). Cette prévision est une réactualisation de celles élaborées précédemment en décembre 2005, puis le 4 avril 2006, et ce à partir des données observées jusqu'à fin mai 2006 : les chiffres déjà annoncés à ce moment-là sont confirmés. L’activité cyclonique sur l’Atlantique en 2006 devrait donc être nettement plus active que la normale, presque 2 fois plus que la moyenne des 50 dernières années. Une probabilité bien supérieure à la moyenne est également anticipée quant aux « atterrissages » d’ouragan intense, tant sur les côtes américaines, que sur celles des îles de la Caraïbe.
L'administration américaine de la NOAA, qui travaille en concertation avec le NHC de Miami, a publié quant à elle dans la 2ème quinzaine de mai, ses premières prospectives pour l'année cyclonique 2006 à venir, avec des conclusions très proches de celles de l'équipe de P. Klotzbach et W. Gray.
Dans le même temps, l'Institut Météorologique de Cuba (IMC) a également délivré ses pronostics pour l'année à venir, pronostics de saison cyclonique encore très active.
Voici une brève synthèse de ces différentes prévisions saisonnières, effectuée par le service de Météo France aux Antilles Guyane, regroupée dans le tableau ci-dessous, avec les chiffres annoncés pour l'année 2006 par les différentes équipes (Gray, NOAA, IMC), et un rappel des chiffres de l'équipe de W. Gray publiés en décembre 2005 et début avril 2006 :
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Paramètre prévu
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Prévision Gray (déc 05 et avril 06)
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Prévision Gray
(31 mai 2006)
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Prévision NOAA
(22 mai 2006)
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Prévision IMC
(24 mai 2006)
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| Nombre de cyclones baptisés (tempêtes tropicales + ouragans) |
17
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17
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13 -
16
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15
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| Nombre de jours avec phénomènes atteignant la force tempête (cumul) |
85
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85
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| Nombres d'ouragans |
9
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9
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8 -
10
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9
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| Nombre de jours avec force ouragan atteinte (cumul) |
45
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45
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| Nombre d'ouragans intenses (catégorie 3, 4 ou 5 sur échelle Saffir et Simpson) |
5
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5
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4 - 6
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3
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| Nombre de jours avec ouragan intense |
13
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13
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| Activité cyclonique par rapport à la moyenne 1950 - 2000 (%) |
195
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195
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Ainsi, après l'année 2005 exceptionnelle en nombre de cyclones et en ouragans intenses, l'activité de la saison cyclonique 2006 devrait être encore sensiblement plus forte que la normale cette année, même si elle ne devrait pas atteindre le niveau record de 2005 : elle pourrait ainsi être du même ordre que celle de 2004, pas très éloignée en réalité de la moyenne des 10 dernières années, l'année 1995 marquant le début d'une nouvelle période d'activité cyclonique sur nos régions, cette recrudescence étant due en grande partie à une modification profonde des courants océaniques sur l'Atlantique..
Ces nouvelles prévisions saisonnières - la saison débutant traditionnellement en juin ou juillet - sont basées sur l'analyse de plusieurs paramètres mesurés et étudiés durant ces 5 derniers mois, notamment :
- la composante zonale du vent horizontal à haute altitude (au-dessus de 10 km) : cette année, les vents venants du secteur Est seront favorables aux développements cycloniques, car ils permettront un profil vertical assez homogène entre les basses couches de l'atmosphère (les alizés venant de l'Est aussi) et ces altitudes élevées ;
- la température de l'Océan Atlantique reste chaude, plus que la normale, mais un peu moins tout de même que les 2 années passées : ainsi cette anomalie positive devrait permettre à la surface océanique tropicale d'avoir un potentiel thermique bien supérieur à la moyenne, élément particulièrement favorable à l'entretien de l'énergie nécessaire aux cyclones ;
- les alizés d'Est (vents de basse altitude sur l'Atlantique équatorial et tropical) devraient souffler à une vitesse assez faible, condition favorable également à l'activité cyclonique ;
- le courant-jet d'Est africain (zone de vents plus forts entre 3 et 5 km d'altitude), très étendu vers l'ouest jusqu'en Mer des Caraïbes, devrait de la même façon favoriser l'activité cyclonique ;
- enfin, un épisode de type El Niño (réchauffement des eaux océaniques sur l'est du Pacifique intertropical) n'est toujours pas prévu pour les tout prochains mois non plus. On sait que l'occurrence d'un épisode El Niño, que l'on constate tous les 4 à 6 ans, a tendance à diminuer le nombre de cyclones sur l'Atlantique :cette année on est en phase neutre, ni El Niño, ni la Niña ....
Bien entendu, et n'hésitons pas à le rappeler, il faut prendre ces chiffres pour ce qu’ils sont, résultats d’études théoriques à base statistique, et se contenter de les interpréter comme une tendance générale, sans en retenir les valeurs exactes. D’autant qu’on sait que les bilans de fin d’année sont le plus souvent bien différents de ces chiffres annoncés en début de saison.
Le Directeur du National Hurricane Center de Miami, M. Max Mayfield, n'hésite d'ailleurs pas à rappeler chaque année que :
"Quelles que soient les annonces faites en début de saison, que l'année cyclonique soit considérée comme au-dessous ou au-dessus de la normale, le message crucial et unique des services météorologiques est :
- vous devez vous préparer chaque année au risque de subir un ouragan ;
- s'il n'y a qu'un seul ouragan dans la saison, mais qui frappe le lieu où vous habitez, cela suffit à qualifier cette saison de très mauvaise"
Remarques complémentaires :
** Probabilités que certains territoires soient touchés par un ouragan intense cette année (origine, étude de W. Gray et al.) :
- Côtes américaines (toutes de la frontière mexicaine au Canada) : 82 % (moyenne 52 %)
- Côtes américaines atlantiques (du sud de la Floride au Canada) : 69 % (moyenne 31 %)
- Côtes américaines du Golfe du Mexique (Texas – Floride) : 38 % (moyenne 30 %)
- Risque supérieur à la moyenne pour les îles et territoires des
Caraïbes et des Bahamas
** Pronostics de lieu de formation des 15 cyclones tropicaux
envisagés par l'Institut Météorologique de Cuba (méthodes de
calcul ou d'analyse non publiées):
- Océan Atlantique : 10
- Mer des Caraïbes (appelée aussi Mer des Antilles) : 2
- Golfe du Mexique : 3
** Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les prévisions saisonnières effectuées au Département de Physique de l’Atmosphère de l’Université du Colorado par William Gray et son équipe, ainsi que pour les scientifiques de la NOAA, consulter les sites :
- université du Colorado : http://hurricane.atmos.colostate.edu/Forecasts/2006/june2006/
- NOAA : http://nhc.noaa.gov/ ou directement par le lien suivant
http://www.noaanews.noaa.gov/stories2006/s2634.htm
RÉSUMÉ DE L'ACTIVITÉ CYCLONIQUE
On a recensé 9 phénomènes cycloniques en cette saison 2006 : 4 tempêtes tropicales tout d'abord de juin à août, puis ensuite 5 ouragans durant les 5 semaines de pleine saison. Parmi ceux-ci, Gordon et Hélène ont atteint tous deux la catégorie 3 de la classification de Saffir-Simpson, avec des vents maximaux voisins de 200 km/h. La fin de la saison est précoce aux premiers jours d'octobre ...
Cette saison aura été finalement peu active, surtout au vu de ces dernières années, puisqu'il faut remonter à 1997 pour trouver une saison aussi peu riche. Quelques éléments d'explications peuvent être avancés pour l'expliquer :
- tout d'abord, le début de saison ( juillet ) a vu beaucoup d'épisodes de brume de sable d'origine africaine qui traversait l'Atlantique tropical. Cette brume composée de poussières de sable, associée à de l'air asséché venant des contrées sahariennes, a tendance à contrarier les développements cycloniques : l'activité de cette saison 2006 a donc débuté tardivement ;
- d'autre part, il semble que dans le Pacifique, le phénomène El Niño se soit mis en place plus rapidement que prévu, dès le 3° trimestre 2006. Certains spécialistes pensent même que le processus aurait été accéléré par la présence durable d'ouragans importants dans le Pacifique (cyclone Ioke notamment), ce qui aurait participé à la mise en place de cet épisode El Niño. Or, il a été établi une forte corrélation entre un phénomène El Niño dans le Pacifique et une activité cyclonique faible, surtout en Caraïbe et dans le golfe du Mexique. Selon la plupart des prévisions, El Niño devrait continuer à se renforcer d'ici la fin d'année 2006 et être présent dans le Pacifique au moins encore jusqu'en mars 2007 ...