CYCLONES AUX ANTILLES

LES NOMS

Liste des prénoms utilisés pour les cyclones de la zone de l'Atlantique 2006-2011

 

2006

2007

2008

2009
2010
2011
ALBERTO ANDREA ARTHUR ANA ALEX ARLENE
BERYL BARRY BERTHA BILL BONNIE BRET
CHRIS CHANTAL CRISTOBAL CLAUDETTE COLIN CINDY
DEBBY DEAN DOLLY DANNY DANIELLE DON
ERNESTO ERIN EDOUARD ERIKA EARL EMILY
FLORENCE FELIX FAY FRED FIONA FRANKLIN
GORDON GABRIELLE GUSTAV GRACE GASTON GERT
HELENE HUMBERTO HANNA HENRI HERMINE HARVEY
ISAAC INGRID IKE IDA IGOR IRENE
JOYCE JERRY JOSEPHINE JOAQUIN JULIA JOSE
KIRK KAREN KYLE KATE KARL KATIA
LESLIE LORENZON LAURA LARRY LISA LEE
MICHAEL MELISSA MARCO MINDY MATTHEW MARIA
NADINE NOEL NANA NICHOLAS NICOLE NATE
OSCAR OLGA OMAR ODETTE OTTO OPHELIA
PATTY PABLO PALOMA PETER PAULA PHILIPPE
RAFAEL REBEKAH RENE ROSE RICHARD RINA
SANDY SEBASTIEN SALLY SAM SHARY SEAN
TONY TANYA TEDDY TERESA TOMAS TAMMY
VALERIE VAN VICKY VICTOR VIRGINIE VINCE
WILLIAM WENDY WILFRED WANDA WALTER WHITNEY

HISTOIRE des PRENOMS...


Depuis que les activités humaines, notamment les transports, sont influencées, voire perturbées par les catastrophes naturelles, notamment vers la fin du XVIIIème et début du XIXème siècle avec le développement des transports par voie maritime pour le commerce et la guerre, on a ressenti le besoin de distinguer chaque cyclone tropical, sans confusion possible.

Jusqu'au début du XXème siècle, les ouragans qui frappaient les îles espagnoles des Caraïbes étaient nommés selon le saint patron du jour. Ainsi, à Porto Rico par exemple, on perpétue les souvenirs malheureux de " Santa Ana " le 26 juillet 1825, de " San Felipe " le 13 septembre 1876, et puis à nouveau du terrible second " San Felipe " de 1928, celui-là même qui venait de dévaster la veille, le 12 septembre 1928, la Guadeloupe, y faisant au moins 1200 victimes, et où on s'en souvient comme étant le " Grand Cyclone " de 1928.

Il a été rapporté aussi qu'au début du XXème siècle, un météorologiste australien de renommée, Clemente WRAGGE, nommait les cyclones de sa région du nom de certaines personnalités politiques qui n'avaient pas l'heur de lui plaire ; légende amusante ou exacte vérité, on ne sait vraiment. Mais c'est dans ces contrées que le terme de " willy-willy ", diminutif de William, fut parfois attribué à quelques phénomènes tourbillonnaires, en fait, plutôt à des tornades ou tourbillons terrestres ...

En tous cas, c'est aussi à cette époque que les marins de la flotte américaine, qui sont les véritables initiateurs de l'emploi de ces prénoms pour les phénomènes naturels, et notamment les cyclones, ont imaginé officialiser l'utilisation de l'alphabet phonétique pour les repérer. Cet alphabet était alors celui employé dans les services de transmission avec notamment : A comme ABLE, B comme BAKER, C comme CHARLIE, etc ...

Mais de manière moins officielle, quoique très répandue, les " marines " ont rapidement pris l'habitude de personnaliser les dépressions ou tempêtes qu'ils rencontraient par d'autres noms ou prénoms. Si elles faisaient peu de dégâts et que le vaisseau et son équipage s'en sortaient bien, on lui attribuait rapidement le prénom de la " girl friend " (petite amie) de l'un, de l'épouse de l'autre. Bref, un amalgame s'établissait entre l'être cher qui manquait, l'envie d'y penser tendrement, et la perturbation météorologique que l'on rencontrait sur sa route, pour peu que cette dernière se montrât finalement douce et compatissante. Si la mer était démontée, les hommes malades, certains angoissés, le premier prénom féminin peu sympathique permettait alors de les baptiser ...

Ainsi l'usage des prénoms, le plus souvent féminins car donnés par des sociétés exclusivement composés d'hommes, les marins, a commencé à se généraliser dans les milieux des transmissions militaires de certains pays, là où la fréquentation des mers tropicales faisait parfois subir le passage de phénomènes cycloniques. Le principe de base était simple : donner aux cyclones tropicaux des noms courts et familiers, faciles à mémoriser, afin de pouvoir communiquer plus facilement avec des millions de personnes menacées et d'éviter toute confusion provenant de la présence d'autres phénomènes, parfois d'autres cyclones, dans la zone. Et cette pratique fut bientôt couramment utilisée dans tout l'hémisphère occidental.

En 1949, on décida de l'officialiser dans la vaste zone atlantique et 1950 fut la première année où furent effectivement baptisés les cyclones de l'Atlantique et de la Caraïbe : la liste reprenait alors l'alphabet des transmissions en cours dans l'armée américaine. Naquirent cette année-là, ABLE, BAKER, CHARLIE, DOG, EASY, FOX, GEORGE, HOW, ITEM, JIG, KING et LOVE. Durant 3 années, la même liste fut reprise et on pensa vite à renouveler cette liste lassante. Les prénoms féminins furent donc utilisés, pour reprendre une habitude historique.

En 1953, on baptisa ALICE le 25 mai, puis plus tard dans la saison BARBARA, CAROL, DOLLY, EDNA virent le jour. Si en 1954, on reprit cette liste, on imagina ensuite de changer de liste chaque année.

Cependant, à la fin des années 70, il y eut un changement plus radical. En effet, les cyclones qui sont toujours des phénomènes naturels dangereux, dévastateurs et redoutés, causant donc beaucoup de malheur, ont aussi des comportements que certains jugent " fantasques ", " capricieux ", avec une façon d'" errer sans but ", de " changer fréquemment d'avis ", expressions jugées particulièrement désobligeantes par les mouvements féministes de l'époque. Ceux-ci, aux Etats-Unis, les fameux et actifs Women's Lib', s'en émurent, protestèrent énergiquement et ont alors obtenu que la liste des noms des cyclones tropicaux comprennent aussi des prénoms masculins.

C'est en 1979 que les listes, telles qu'on les connaît actuellement, furent créées. Les prénoms étaient alors alternativement masculins et féminins, rangés par ordre alphabétique, le premier de la liste annuelle commençant toujours par A. Les années paires, le premier prénom est masculin (ALLEN, ALBERTO, ARTHUR, ...) ; les années impaires, il est féminin (ANA, ARLENE, ALICIA, ...). Dans notre zone, c'est le centre régional responsable techniquement, le N.H.C. de Miami (National Hurricane Center ou T.P.C. pour Tropical Prediction Center) qui propose ces listes aux membres du Comité des Ouragans de la région, comité qui regroupe en fait tous les directeurs des services météorologiques des pays de cette région.

Six listes ont été établies et sont reprises cycliquement tous les 6 ans. La liste de 2005 fut ainsi la même que celle de 1999 ; celle de 2006 reprend les prénoms de 1994 et 2000. Elle sera de nouveau utilisée en 2012.

Toutefois, lorsque, par sa violence, les victimes qu'il a entraînées, les dégâts provoqués, un cyclone a acquis un renom particulier et fâcheux, son nom est généralement retiré de la liste et remplacé par un autre du même genre et débutant par la même lettre. Ainsi, ALLEN et ALICIA ont-ils été vite remplacés par ANDREW et ALLISON.

Il n'y aura plus de DAVID, après son parcours catastrophique de 1979, notamment dans les Antilles, remplacé par DANNY en 1985, ni de GILBERT. Après l'année 1995, si violente et meurtrière avec LUIS, MARILYN, OPAL et ROXANNE, la liste de l'année 2001 fut revue et d'autres prénoms sont apparus : LORENZO, MICHELLE, OLGA et REBEKAH. De la liste 1998, GEORGES a été retiré, place prise par GASTON en 2004. De la liste de 1999, on a retiré FLOYD et LENNY, remplacés en 2005 par FRANKLIN et LEE. Enfin la liste de 2011 ne comportera plus les DENNIS, KATRINA, STAN ni WILMA, remplacés par DON, KATIA, RINA et WHITNEY.

Encore une dernière chose : les listes prévoient 21 prénoms de A à W, les lettres Q et U n'étant jamais employées par manque de prénoms et ... d'imagination. Pourtant, on utilise des prénoms d'origine américaine, française et espagnole, afin de " contenter " toutes les communautés de la région, mais les prénoms commençant par ces 2 lettres sont rares. Si en 1995, on avait atteint la lettre T avec TANYA, l'année record 2005 a vu s'épuiser la liste avec WILMA. Il a donc fallu pour la toute première fois utiliser la procédure prévue dans un tel cas de figure : utiliser la liste de l'alphabet grec, ce qui a permis aux lettres ALPHA, BETA, GAMMA, DELTA, EPSILON et ZETA d'être des "prénoms" de cyclones en fin de saison ...

On peut consulter les 6 listes de prénoms utilisés dans la zone de l'Atlantique (et des mers adjacentes) sur ce site

Cela, c'est la pratique de la vaste zone contrôlée par le centre de prévision cyclonique de Miami, celle que l'on connaît aux Antilles, mais il faut savoir que dans d'autres océans, les centres météos spécialisés utilisent parfois d'autres méthodes pour baptiser leurs cyclones.

Quelque fois, on ne revient pas à la lettre A en début d'année, surtout là où la saison cyclonique est " à cheval " sur 2 années civiles, comme dans l'hémisphère sud. On continue parfois la liste jusqu'à épuisement de toutes les lettres de l'alphabet, et on recommence ensuite ...

Dans certaines régions du globe, on utilise seulement l'année et le rang du cyclone, tel 9025, qui fit tant de dégâts en 1990 aux Philippines (et 500 victimes) qu'il fut baptisé MIKE. Parfois, on fait précéder cette symbolique en 4 chiffres par un prénom : exemple BOB 9101, 1er cyclone de l'année 1991 dans le Golfe du Bengale, qui fit plus de 120 000 morts au Bangladesh ! D'ailleurs, dans ces régions du nord de l'Océan Indien, on distingue les cyclones du Golfe du Bengale, prénom commençant par B, de ceux du Golfe d'Arabie, prénom commençant par A. Dans la partie sud de cet Océan Indien, là où nos amis du centre de La Réunion ont officiellement la responsabilité technique et décident de la liste, on a repris la procédure employée dans l'Atlantique ; mais là-bas, l'île voisine de Maurice tient encore à ses anciennes prérogatives, et ce n'est pas simple ... !

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