RECORDS

Les ouragan Charley, Frances Ivan et Jeanne
Pour info:
L'intensité d'un cyclone se mesure par les vents maximaux qu'il génère, paramètres dépendant étroitement de la pression atmosphérique au centre du système. Plus la pression est basse, plus le " gradient de pression " avec l'environnement extérieur est important, et plus forts seront les vents. Ainsi, la valeur minimale de la pression au centre est un très bon indicateur de l'intensité des vents du système. On estime que les super cyclones (ou super typhons) correspondant à la classe 5 de l'échelle de Saffir-Simpson ont une pression minimale inférieure à 920 hectopascals (hPa en abrégé).
Le cyclone le plus fort jamais enregistré.
Au niveau mondial, c'est le typhon TIP évoluant dans le nord-ouest de l'Océan Pacifique, qui détient le record avec une pression centrale mesurée le 12 octobre 1979 de 870 hPa, les vents maximums soutenus étant estimés alors à 165 noeuds ou 305 km/h.
A noter que le typhon NANCY, le 12 septembre 1961 dans la même région, est enregistré comme celui ayant généré les vents soutenus les plus violents avec 185 noeuds ou 340 km/h, mais la valeur de sa pression centrale, 888 hPa, amène à douter de ce record. Il n'est donc pas officiellement retenu.
Pour le bassin Atlantique, des mesures par avion ont estimé la pression de l'oragan WILMA à 882 hectoPascals, dans l'ouest de la Mer des Caraïbes, le 19 octobre 2005, avant qu'il ne touche la région de Cancun dans le Yucatan mexicain. Les vents soutenus maximaux à ce moment-là ont été estimés à environ 300 km/h. Précédemment, c'était l'ouragan GILBERT qui détenait le record de pression la plus basse mesurée avec 888 hPa le 13 septembre 1988, 24 heures après avoir dévasté la Jamaïque, et alors qu'il se dirigeait vers la prequ'île du Yucatan (Mexique), les vents soutenus étant alors estimés à 160 noeuds ou 295 km/h. Pour mémoire, MITCH 1998 encore sur la mer au nord du Honduras avait une pression minimale de 905 hPa et des vents soutenus dont on estime qu'ils ont atteint 160 nœuds ou 295 km/h.
En ce qui concerne le record de vents forts, ce sont CAMILLE 1969 dans le Golfe du Mexique, au moment d'aborder la Louisiane et le Mississipi, puis ALLEN 1980 en Mer des Caraïbes qui sont en haut de l'affiche avec, tout comme TIP, des vents estimés à 165 noeuds ou 305 km/h, leur pression minimale étant respectivement de 905 et 899 hPa. Mais les ouragans de classe 5 de l'année 2005, KATRINA, RITA et WILMA ont généré des vents qui "flirtaient" avec ces valeurs records (entre 295 et 305 km/h en valeur soutenue).
On peut d'ailleurs noter que généralement, les pressions mesurées sont plus basses dans l'Océan Pacifique que dans l'Atlantique pour des valeurs de vent équivalentes.
En ce qui concerne les Antilles françaises, il faut retenir que le Grand Cyclone de 1928 sur la Guadeloupe passa le 12 septembre avec une pression estimée de 937 millibars et des vents soutenus de 125 noeuds ou 230 km/h. Pour mémoire, lors du passage de HUGO en septembre 1989, on a enregistré une pression de 941 hPa et des vents soutenus de 120 noeuds ou 220 km/h.
Le cyclone qui s'est intensifié le
plus vite.
Au niveau mondial, le super-typhon FORREST dans le nord-ouest de l'Océan Pacifique a vu sa pression passer de 976 à 876 hPa (creusement de 100 millibars) en à peine 24 heures en septembre 1983. Pendant ce temps, les vents les plus forts se sont renforcés de 120 km/h à 285 km/h ! On parle aussi d'une chute de 51 hPa en 8 heures seulement (et 97 hPa en 24 heures) mesurée par des avions de reconnaissance dans le super-typhon IRMA dans le nord-ouest du Pacifique.
Dans le bassin Atlantique, le développement de type "explosif" de WILMA en octobre 2005 est tout aussi extraordinaire. Ouragan de classe 1 le 18 au matin, il se renforce brusquement et atteint la classe 5 en début de nuit du 18 au 19 : sa pression niveau mer aura baissé de 86 hectoPascals en 12 heures... Là encore, ce cyclone "détrône" GILBERT 1988, dont la pression avait chuté de 72 millibars en 24 heures les 12 et 13 septembre. Quant à HUGO les 14 et 15 septembre 1989 avant d'aborder l'arc antillais, sa pression a baissé de 52 hPa en 24 heures. Il est tout de même ainsi passé de classe 1 à la classe 5 durant ce laps de temps.
Le cyclone à l'oeil le plus gros
Au niveau mondial, un avion de reconnaissance a observé un oeil de 180 km de diamètre pour le cyclone KERRY dans la Mer de Corail, à proximité de l'Australie, le 21 février 1979. Compte-tenu de sa vitesse de déplacement inférieure à 20 km/h, le passage du centre de l'oeil s'est manifesté par une accalmie de près de 10 heures, d'un bord du mur à l'autre !
A contrario, un radar météorologique a mesuré un oeil qui ne faisait que 12 km de diamètre dans le cyclone TRACY, dans le nord de l'Australie, celui-là même dont on a déjà signalé le gradient barométrique extrême. L'idée reçue veut parfois que la dimension de l'oeil est proportionnelle à l'intensité du cyclone : c'est faux ! Les deux cyclones précédents avaient une intensité comparable alors que leur oeil était si dissemblable.
A titre de comparaison, on se souvient aux Antilles que LUIS en 1995 possédait également un oeil remarquable, très impressionnant sur les images des satellites. Les 4 et 5 septembre, au voisinage des îles du nord de l'arc antillais, les avions de reconnaissance ont mesuré un oeil de 75 à 80 km de diamètre. Son déplacement s'effectuant alors entre 18 et 20 km/h environ, cela signifie qu'une accalmie du vent pouvait être observée durant 4 heures à son passage.
L'oeil de HUGO, ouragan aussi puissant que LUIS, le 17 septembre 1989 lors de son passage sur la Guadeloupe mesurait environ 35 km ; 36 heures plus tôt, alors qu'il atteignait la classe 5, HUGO avait un oeil très petit, voisin de 20 km.
le cyclone de dimension la plus
grande
Au niveau mondial, on retrouve le super-typhon TIP d'octobre 1979 dans le Pacifique du Nord-Ouest. On a estimé que son diamètre de vent dépassant la force de " grand-frais " ou 60 km/h était de 2 200 km !

Pour l'Atlantique, certains retiendront ALLEN en août 1980 avec un diamètre voisin de 600 à 700 km. En 1991, GRACE qui a généré une houle cyclonique très ample jusque sur les Antilles avait un diamètre estimé à 600 km environ.
Le cyclone ayant vécu le plus de
temps
Au niveau mondial, le cyclone JOHN qui a évolué sur le bassin boréal de l'Océan Pacifique en août et septembre 1994, a eu une durée de vie exceptionnelle de 31 jours pendant son périple. Il est à noter qu'il a franchi 2 fois la ligne du changement de date, d'est en ouest d'abord puis d'ouest en est ensuite lorsqu'il a infléchi sa trajectoire et rebroussé chemin. Il a donc été successivement ouragan (dans le nord-est de l'Océan), puis typhon (dans le bassin nord-ouest), puis de nouveau ouragan avant de faiblir et se dissiper.
Sur le bassin Atlantique, le cyclone GINGER n'est pas loin, lui qui a vécu 30 jours du 5 septembre au 4 octobre 1971, dont 20 jours au stade d'ouragan.
les cyclones les plus meurtriers
et les plus dévastateurs
à suivre